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"Casino Royale" : James Bond est de retour...

Interviews - lundi 20 novembre 2006

Daniel 007 Craig, l'envoûtante Eva Green, la sculpturale Caterina Murino et le chef d'orchestre Martin Campbell : retrouvez nos interviews de l'équipe de "Casino Royale", nouveau volet de la saga James Bond.



AlloCiné : Après avoir bataillé pour décrocher ce rôle, vous avez dû endurer une campagne de presse particulièrement agressive. Pourquoi vous être infligé une telle épreuve ?

Daniel Craig : Je vais être direct. J'ai reçu un scénario que j'ai trouvé éblouissant et je me suis dit que je serais idiot de ne pas tenter ma chance. Je ne pouvais pas laisser passer une telle occasion. James Bond est l'une des plus grandes icônes de l'histoire du cinéma. Je suis acteur, c'est mon métier. Et si je ne prenais aucun risque, où serait l'intérêt ? Ceci dit, je ne m'attendais pas à une telle proposition. J'ajouterais que
Barbara Broccoli est une personne très persuasive. Elle m'a fait une offre que je ne pouvais pas refuser.

"Casino Royale" détonne avec le reste de la saga Bond par sa dureté et surtout par l'absence quasi-totale de gadgets...

C'était une volonté de toute l'équipe. De
Martin Campbell. De Gary Powell, le coordinateur des cascades. De Barbara Broccoli et Michael G. Wilson, les deux producteurs. Dans Casino Royale, le moindre gadget, la moindre action est mis au service du récit et permet au film d'avancer. On a limité les effets spéciaux au maximum. Tout ce que vous voyez à l'écran se passe vraiment, tout est réel. J'ai assuré moi-même de nombreuses cascades. C'est le seul moyen de prendre pleinement conscience de ce que ça fait de tomber du haut d'un escalier. Eh bien, je peux vous le dire, ça fait vraiment l'effet de tomber du haut d'un escalier ! (rires) Et c'est exactement ce que nous recherchions, que le public ressente ce que le héros endure.

Quel entraînement avez-vous suivi pour le rôle ?

Rien d'exceptionnel. J'ai fait de la gym, de la musculation et du jogging. C'était intense. Je m'entraînais une heure et demie par jour. Grâce à un régime hyperprotéiné, j'ai rapidement pris du poids, donc de la masse musculaire. A chaque fin d'entraînement, je m'obligeais à faire 20 minutes de vélo d'intérieur pour être sûr de ne prendre que du muscle et pas de graisse. Rien de révolutionnaire en somme, vous trouvez cette méthode dans n'importe quel magazine de fitness. J'avais un bon coach, ce qui m'a beaucoup aidé.

Avez-vous cherché à rendre James Bond sympathique ?

Je n'ai rien fait pour le rendre particulièrement sympathique. J'ai juste voulu faire de lui un homme qui change. Je ne voulais pas que le type que vous voyez au début du film soit le même qu'à la fin. J'avais envie d'un héros qui soit aussi un être humain, une personne avec des failles, quelqu'un qui fait des erreurs et dont le spectateur se dit qu'il pourrait lui arriver le pire. Et d'ailleurs, parfois, c'est le cas. Sans savoir si j'allais reprendre le rôle par la suite, je savais inconsciemment que Bond devait bifurquer vers une nouvelle direction.

Une nouvelle direction ?

Tout le monde croit qu'à la fin de
Casino Royale, l'agent secret 007 devient le vrai James Bond. Je pense au contraire que la mutation est encore en cours. Notre homme en est encore à commettre les bourdes. Mais dans le film, on entrevoit déjà l'émergence d'une organisation criminelle dont Bond cherchera à se venger. J'ai envie de poursuivre dans cette direction, et je suis persuadé que le prochain film sera un cru tout aussi savoureux que celui-ci. Je ne vais pas lâcher 007 en si bon chemin.

Pourquoi était-il nécessaire que Bond ne soit pas infaillible ?

Dramatiquement, ça rend l'histoire plus intéressante. Lorsque je joue un rôle, j'ai besoin qu'il ait des faiblesses et qu'il apprenne à faire front. Au cinéma, je n'aime pas les personnages lisses, sans aspérités. Ce genre de rôles ne m'intéresse pas.

A l'écran se dégage une merveilleuse complicité avec Eva Green. Que pouvez-vous nous dire à son sujet ?

Je sais que la presse a fait ses choux gras de savoir qui allait jouer Vesper Lynd... Mais quand
Eva Green est apparue devant moi, je n'ai eu aucune interrogation. Elle apporte quelque chose au rôle... Elle a du mystère en elle, et Vesper Lynd est emplie de mystère. Eva est belle et elle joue merveilleusement. C'est tout de même quelque chose de sacrément important. Il fallait une femme dont on puisse croire que James Bond tombe amoureux, et Eva a fait un travail fantastique dans cette optique. Elle est le battement de coeur du film. Il était crucial que nous ayons cette histoire d'amour car le reste du scénario gravite autour de cette relation. Eva Green a vraiment été fabuleuse et nous avons passé beaucoup de bons moments ensemble.

Selon vous, comment a évolué l'industrie du film d'action et d'espionnage depuis "Meurs un autre jour", le précédent James Bond ?
Il y a eu plusieurs choses. Les gens évoquent d'abord la saga "Bourne" (
La Mémoire dans la peau, La Mort dans la peau), qui a donné naissance à de superbes films. Ils sont très bruts. Mais nous avons déjà eu ce genre de films auparavant. Si vous vous souvenez de La Loi du milieu et des films d'espionnage avec Michael Caine dans les années 60 par exemple. Ceux-là m'ont toujours intéressé. Et je trouve que James Bond a eu beaucoup de ça au début. Ca a disparu, puis c'est revenu avec Timothy Dalton. J'aime intégrer beaucoup d'influences cinématographiques dans mon travail et celles-ci ont forcément un peu compté pour Casino Royale.

Dans quelle direction allez-vous avec votre personnage ?

Dans une bonne direction. Je crois que ce James Bond est unique. Unique dans le sens où il suit un but précis, car il croit véritablement que le monde n'avancera pas s'il ne bouge pas. Il sait qui est le bad guy et il va le chercher pour le choper ! Je pense que c'est ce que je veux voir dans mon personnage de James Bond. Je veux voir un type qui sait ce pour quoi il est destiné et qui sait ce qu'il doit faire.

Avez-vous lu le livre de Ian Fleming ?

Je l'ai lu, oui. J'ai lu la plupart de ses livres. J'ai vu tous les films, bien sûr, et j'ai forcément intégré tout cela en moi. Il y a une Histoire énorme, un vaste héritage de livres et de films, et ignorer cela serait stupide. Donc, j'ai digéré tout cela et j'ai essayé de garder ce qu'il fallait en moi pour
Casino Royale. Je n'ai pas voulu manquer le coche.

Comment voyez-vous le produit fini ?

J'ai du mal à réaliser, à vraiment exprimer ce que je ressens en regardant
Casino Royale. Je pense sincèrement que le produit fini est extraordinaire. Au tout début, j'ai dit à l'équipe du film : "Ayez confiance en moi, si vous avez confiance en moi durant tout le tournage, je serai moi-même en pleine confiance sur le plateau, et je donnerai le meilleur de moi-même." Il se trouve qu'ils m'ont tous fait confiance, le réalisateur Martin Campbell notamment. Ils m'ont impliqué dans tous les domaines... J'ai eu mon mot à dire sur le film, l'ambiance, la musique. Je leur en suis reconnaissant, je pense que tout cela a joué sur le produit fini. Je me sens immensément fier de tout ça. Voilà comment je ressens les choses aujourd'hui...

Ressentez-vous l'inquiétude d'être enfermé dans le rôle de James Bond ?

C'est une considération d'enfant gâté, je pense ! (rires) Il y a des choses pires. Je me sens véritablement privilégié d'être dans la situation qui est la mienne. Donc, je n'envisage pas le futur et préfère juste savourer le moment présent, ne pas penser aux choses négatives.

Vous avez été en contact avec les anciens James Bond ?

Quelqu'un m'a demandé l'autre jour s'il y avait un "groupe secret des anciens 007" ! (rires) Ce que je peux dire, c'est que
Pierce Brosnan m'a beaucoup encouragé. Je l'avais rencontré à la cérémonie des Bafta l'an dernier, et il avait été super. Il m'avait dit : "Fonce ! Tu dois le faire !" Et le lendemain, j'apprends par la presse qu'il a dit d'autres choses positives à mon sujet. Je ne sais pas si c'était vrai ou faux, mais il semble que malgré les critiques, parfois dures, à mon égard, il y a eu des choses sympathiques qui ont été dites. Ca réconforte et encourage.

Propos recueillis par Sid Birdy



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